A la découverte de la Hunter Valley, Australie

A la découverte de la Hunter Valley, Australie

L’Australie est un pays viticole fascinant par son évolution et sa diversité. Ce n’est pas facile d’y naviguer, d’y distinguer le bon grain de l’ivraie, tant son offre est riche, diverse, typique et même originale (il faut parfois oser goûter !). Mais une chose est sûre, il y en a pour tous les goûts, et c’est son plus gros avantage.

Un des mes premiers apprentissages sur les Australiens et leur rapport au vin a été que leur consommation très saisonnière. Cela se comprend assez vite, étant donné les grosses variations de température qu’ils subissent, parfois même au sein de la même saison, voir au cours de la même journée.

Ils sont donc à la fois à la recherche de vins rafraîchissants et faciles à boire lors des mois d’été, mais aussi de vins savoureux et avec plus de corps pour accompagner leur mythiques barbecues (oui, ils en ont tous un ! Il y en a même à disposition dans les parcs publics).

La Hunter Valley n’échappe pas à cette diversité. C'est une région historique pour le pays, une des premières à avoir produit du vin, dès le 19e siècle. Aujourd'hui, elle est composée de plusieurs sous-régions, avec une majorité des sites de visite localisés à Pokolbin. Elle représente environ 3% de la production de vins australiens, et contribue grandement à l’aura internationale de ceux-ci.

La majorité des vins que j’y ai goûté ont un profil aromatique plutôt fruité, pas trop de fruits cuits, frais, gourmand, le tout avec une région plutôt humide, rendant la maturation du raisin plus difficile. Les vendanges s’y déroulent très tôt dans la saison, vers le mois de Février quand les autres grosses régions vendangent en Avril/Mai. Les millésimes sont tous très jeunes. Les australiens ne sont pas vraiment équipés pour conserver du vin, très peu de logements ont des caves, et peu d’entre eux investissent dans des caves électriques. Ils ont donc l’habitude d’acheter du vin pour le déguster rapidement, et ont peu la culture des ‘primeurs’. Ils ont l’habitude de vins dont les millésimes sont de l’année précédente ou 2-3 ans auparavant, selon le vieillissement voulu par la winery.

En cépage, le Shiraz domine tout en rouge. Il peut être très épicé avec de fortes notes de cerises noires, de mûres, cassis, et blueberries. Sa texture est veloutée, mais certains sont plus fins et délicats avec une belle acidité, et il se révèle notamment quand il est élevé en barrique, mais aussi en blend avec du merlot par exemple (que j’ai vraiment beaucoup apprécié). Certains sont un peu trop portés sur l’épice (à mon goût), le côté poivre noir du cépage les alourdissant un peu en bouche, un profil malheureusement accentué ces dernières années avec des fortes pluies depuis 2020. En 2019, une année sèche, la région a produit ce qu’ils appellent du Dry Shiraz. Un vin aux arômes plutôt de fruits rouges, cerises, framboises, à la texture plus fine, une aubaine pour ceux préférant leur shiraz plus léger, aérien.

En blanc, le Sémillon est roi. Avec un profil de fruits à noyaux, pêche et nectarine, miel et quelques notes de fruits tropicaux, comme l’ananas. Parce que le climat australien reste plus chaud que ceux auxquels nous sommes habitués en Europe, leur sémillon manque parfois un peu d’acidité et de fraîcheur, très agrumes dans sa jeunesse, traits qu’il perd ensuite en vieillissant. Ils le dégustent donc jeune pour cette raison également.

Nous avons visité lors de notre passage 4 domaines : Tulloch, Scarborough, plutôt traditionnels, De Bortoli, très gros domaine qui fait d’ailleurs goûter des vins de l’ensemble de leurs vignobles en Australie, et Usher Tinkler, qui vaut vraiment le détour. Tant par son cellar door qui est installé dans une ancienne église, que par son accueil très chaleureux et surtout leur gamme de vins incroyable.

Usher Tinkler a été créé par le fils des propriétaires du domaine Tinkler, domaine classique et plutôt connu dans la région, dans la volonté de proposer des vins « authentiquement différents ». L’idée est de créer des vins « authentiques mais aventureux » qui font « changer de vitesse la Hunter Valley », des vins qui « créent une discussion ». Et c’est réussi.

La gamme est constituée de vins bios, mais aussi natures, aux bouteilles éclectiques qui peuvent parfois faire penser à des spiritueux, aux étiquettes intrigantes (certaines n’ayant même pas de mention sur l’étiquette de devant), et aux noms plus que créatifs, comme leur ‘Death by Semillon’ ou encore ‘A Wine Pornography by Fred Mountain’. Vous goûterez de jeunes millésimes, qui évolueront dès leur 1ere année vers un profil fruité, élégant, différent et surtout gardant leur fraîcheur, notamment sur les vins natures. Des vins qui se gardent donc, première grande différence. Dans leur volonté de faire autrement et proposer des goûts plus travaillés, ils vendangent par exemple leur chardonnay quand les grains sont encore un peu verts. Pour conserver leur acidité, et apporter des notes d’amertume, de citron vert, d’agrumes, qui parfois se perdent dans les chardonnays de la région.

C’est un domaine jeune, toujours dans la création comme leur rosé composé de 9 cépages différents, qui changent chaque année et dont le secret n’est connu que des winemakers. Un vin qui surprend chaque année, qu’on aime ou non ! Ils vont même jusqu’à proposer un Verdelho fortifié, aux notes de caramels et vieux whiskey, une grand surprise.

A goûter et visiter, si l’occasion se présente, ils sont inspirants tant par leur approche viticole en constante création, hors des codes classiques de la région, que par leur marketing très simple mais efficace et qui retient l’attention. On sent la personnalité du winemaker, et c’est sûrement ça qui rend le tout si attrayant et délicieux.

Cheers,

Eglantine

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